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Isalo

Patrimoine/ Palais d’ Ambohitsorohitra

ambotsirohotraLe palais d’Ambohitsorohitra qui abrite maintenant la Présidence de la République malgache, fut construit de 1890 à 1892 pour recevoir l’habitation et les bureaux du Résident de France. Le Myre de Vilers, premier Résident, chercha peu de temps après son arrivée en 1886 un terrain pour bâtir sa Résidence. Le Premier Ministre Rainilaiarivony atermoya longtemps et refusa successivement la colline d’Ambohijanahary (la Résidence aurait fait face au palais de la Reine), un emplacement à Soanierana et un autre à Antanimena. Un accord intervint finalement, le Premier Ministre- proposant à bail l’une de ses propriétés personnelles sise à Ambohitsorohitra. Le bail fut établi le 1er octobre 1886 par MM. Daumas, vice-résident et Ramarosaona, magistrat malgache, en présence de deux témoins, Rasanjy et Marc Rabibisoa. Le bail d’une durée de cinquante ans, prévoyait un versement annuel de 1500 piastres. A l’issue du bail la propriété et toutes maisons bâties reviendraient au Premier Ministre ou à ses héritiers. Les deux bâtiments bordant l’avenue et encadrant le grand portail datent de 1887 et reçurent provisoirement les bureaux et l’habitation du Résident. Leur toiture à double pente a plus tard été remplacée par des terrasses. La fête nationale du 14 juillet 1887 y fut célébrée et un banquet offert le soir aux autorités malgaches et à la colonie française. Un feu d’artifice fut tiré dans les jardins en présence du Premier Ministre, invité d’honneur. A l’arrière, un bâtiment abritait les cinquante soldats de l’escorte du Résident.

En 1889 on aménagea la plate-forme destinée à recevoir la Résidence définitive. Celle-ci fut construite en trois ans dans le style renaissance par Jully, architecte du gouvernement français. Son inauguration eut lieu le 14 juillet 1892, en présence du Résident intérimaire Lacoste et du Premier Ministre. Le Résident général Larrouy s’y installa définitivement en juin 1893. La Reine y vint le 2 juin 1896 rendre une visite de courtoisie à l’épouse du Résident. Elle était accompagnée de nombreux officiers, des membres de sa famille, de ses dames d’honneur et des hauts fonctionnaires du gouvernement malgache.

La Reine y revint le 14 juillet, à l’issue de la revue des troupes à Andohalo. Elle assista le soir au dîner et au bal offerts par le Résident Général Laroche.

La Résidence de France était le premier grand bâtiment civil de pierre et de briques, si l'on excepte les palais de la Reine et du Premier Ministre. D’architecture imposante, la construction était luxueusement aménagée. Le grand salon de 24 m de long, divisé en trois parties par des colonnes bronzées, s’ornait d'un plafond à caissons polychromes. La salle à manger lambrissée d’ébène, de palissandre et de «vandrika» (bois jaune) était décorée d’une grande tapisserie des Gobelins représentant Alexandre sous la tente de Darius. De somptueux tapis jonchaient le sol.

Vers le sud une vaste terrasse domine le parc descendant jusqu’au lac Anosy ; la vue s'étend jusqu'aux monts de l'Ankaratra. Une marquise de ferronnerie et de verre réalisée par l’ingénieur Bouts, aujourd'hui disparue, s'avançait au-dessus de l’entrée principale. Une plaque apposée à l’extrémité de la façade nord mentionne : «Cette maison a été construite en 1890-1892. M. Bompard, Résident Général ; M. Jully, architecte». Sur deux autres plaques de marbre furent gravés les noms des Commandants et Gouverneurs des premiers Etablissements français à Madagascar depuis Pronis, puis des Consuls, Résidents et Gouverneurs Généraux.

Successivement Résidence de France, puis Gouvernement Général et enfin Ambassade de France après l’indépendance, le palais d’Ambohitsorohitra a été remis à la République malgache en 1975.

A l’ouest du palais, en contrebas de l’imprimerie luthérienne, au lieu-dit Antsahamanitra, se déroula une page tragique de l’histoire malgache. C’est là que furent fusillés en public à l’aube du 15 octobre 1896 sur ordre de Gallieni deux dignitaires du royaume accusés d’avoir fomenté la révolte des fahavalos : le Prince Ratsimamanga, oncle de la Reine, et Rainandriamampandry, ministre de l’intérieur. Ces exécutions précédaient de quelques mois l’exil de la Reine et du premier ministre.

Dans le quartier d’Isoraka se trouve le Musée d’Art et d’Archéologie de l'Université de Madagascar qui présente d'intéressantes collections d'objets d'art et ethnographiques.

Tiré du livre: "Antananarivo et l' Imerina" de Philippe Obérlé

Pour consulter ce livre, veuillez vous rendre à la Bibliothèque Nationale Anosy cote du livre:    BN: 908 (691.111)  OBE

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