Rova Ilafy

Geyser

Divers / La colonisation par et pour l’éducation artistique des Malgaches

DIVERSDe 1896, qui marquent le début effectif de la colonisation, à 1913, le pouvoir colonial a maintes fois tenté de tracer les lignes qui définissent sa politique culturelle. Cependant, en ce qui concerne les arts plastiques, il n'a pu trouver une solution valable, et rien n'a été fait pour promouvoir ces branches d'activités durant cette période. Aussi peut-on affirmer que la «Mission Dumoulin» constitue un jalon important dans la conquête coloniale à Madagascar, car les décisions issues de cette mission vont influer la manière malgache de concevoir la forme et l'esthétique.

Ange Supparo : La première école de peinture en 1913-1914

Ange Supparo est le premier bénéficiaire de «Prix de Madagascar et de la Réunion». En 1913, au lendemain de sa désignation par le jury de la S.C.A.F., il demande au Ministère des colonies la permission de créer à Tananarive un cours gratuit de peinture et de dessin. Sa sollicitation ayant été favorablement accueillie par le Ministre lui-même, c'est avec optimisme qu'il s'embarque à Marseille le 18 Septembre 1913.

Ange Supparo a déjà participé à la constitution du Musée des Beaux-arts de Tananarive en donnant une de ses œuvres LA FRILEUSE. Aussi son projet fut-il connu avant même son arrivée à Madagascar. La presse de l'époque en parle tant que les amateurs, esthètes et artistes sont enthousiasmés. Enfin, se dit-on, il y a quelque chose de positif pour l'éducation artistique des Malgaches.

Voici comment la presse relate l'événement :

«Dernièrement, la grande salle du 1er étage du Palais de la Reine se trouvait bondée de Malgaches de presque tous les âges, portant des cahiers de dessin, des tableaux, des croquis, pour être soumis aux yeux de M. Supparo...Assis à une table, le professeur invita tout le monde à lui présenter les œuvres apportées ; il ne lui a fallu qu'un petit coup d'œil pour reconnaître la présence ou l'absence de talent artistique chez les candidats.

«Ceux qui connaissent les Malgaches ne seront pas étonnés d'apprendre que la plupart des oeuvres présentées n'étaient que des copies. Toutefois, M. Supparo a été agréablement surpris de voir quelques dessins d'après nature.

Sur les 70 Malgaches, 18 ont été admis à prendre part à un concours qui aura lieu le 25 de ce mois. Une trentaine a été ajournée à un mois et demi avec la recommandation de bien travailler et d'apporter quelque chose de sérieux. M. Supparo adressa quelques mots aux heureux élus, leur disant qu'en France, on prétendait que les Malgaches ne pouvaient rien créer, à eux de démontrer le contraire...» (La Tribune de Madagascar du 21 Novembre 1913).

Extrait d’un livre « La peinture Malgache » de Hemerson ANDRIANETRAZAFY

 

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