Rova Ilafy

Geyser

Forêts humides de l’Antsinanana

Inscrits dans la Convention du patrimoine mondial, les forêts humides de l'Atsinanana s'étalent sur 490 000 ha. Elles sont formées par 6 parcs nationaux que sont Marojejy, Masoala, Zahamena, Ranomafana, Andringitra et Andohahela. L'écorégion de l'Atsinanana est considérée comme la plus riche de Madagascar car elle couvre une gamme très diversifiée d'écosystèmes et l'habitats abritant une faune et une flore exceptionnelles.

   On distingue cinq types d'habitats principaux liés aux forêts humides de l'Atsinanana et qu'on retrouve dans les six aires protégées. La forêt littorale, qui présente un taux d'endémisme très marqué, est représentée par le parc national de Masoala qui abrite deux genres endémiques de la forêt littorale: le Brochneura et l'Eliea. La forêt humide de basse altitude (0 à 600-800 mètres) est très riche en flore avec la présence marquée de familles endémiques de plantes malgaches.

   La forêt humide de moyenne altitude (800-1800 mètres), très répandue, présente les genres caractéristiques de cet habitat comme le Tambourissa, Weinmania, Ravensara, Octocea et Canarium.

   Les forêts humides montagneuses (1800-2000 mètres) sont plutôt localisées car elles sont rares. Ses meilleures sites représentatifs sont Marojejy, Andringitra et Andohahela. Le fourré de montagne, quant à lui, est représenté surtout à Marojejy et Andringitra.

Les critères : les forêts pluviales d'Atsinanana sont des forêts reliques, essentiellement associées à des terrains abrupts le long de l'escarpement et des montagnes de l'est de Madagascar. Les zones protégées comprises dans ce bien sériel ont acquis une importance critique pour le maintien de processus écologiques en cours nécessaires à la survie de la biodiversité unique de Madagascar. Cette biodiversité est le reflet de l'histoire géologique et de la situation géographique de l'île. Madagascar est la quatrième plus grande île du monde ; elle est séparée de toute autre masse terrestre depuis au moins 60 à 80 millions d'années de sorte que la majorité de ses plantes et de ses animaux ont évolué dans l'isolement. Ces forêts ont également été un important refuge pour des espèces durant les périodes passées de changements climatiques et joueront un rôle essentiel pour l'adaptation et la survie des espèces à la lumière des futurs changements climatiques.

Le taux d'endémisme est d'environ 80 à 90 pour cent pour tous les groupes, et les familles et genres endémiques sont communs.  Madagascar est parmi les premiers pays de méga-diversité du monde et possède un nombre extraordinairement élevé (env. 12 000) d'espèces de plantes endémiques. Le bien revêt aussi une importance mondiale pour la faune, en particulier les primates : les cinq familles de primates malgaches, toutes les familles de lémuriens endémiques, sept genres endémiques de rongeurs, six genres endémiques de carnivores et plusieurs espèces de chiroptères y sont représentés. Sur les 123 espèces de mammifères non volants de Madagascar (dont 72 sont sur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées), 78 sont présentes à l'intérieur du bien. L'importance critique du bien est encore renforcée par le fait que la déforestation n'a laissé, dans l'est de Madagascar, que 8,5 pour cent des forêts d'origine et le bien protège des zones clés de cet habitat restant.

   Tous les éléments du bien sériel sont officiellement protégés en tant que parcs nationaux et ont des plans de gestion en application. Les problèmes de gestion clés sont le contrôle efficace de l'empiétement agricole et de l'exploitation des ressources (exploitation du bois, chasse et exploitation minière de gemmes). Pour résoudre ces problèmes, il faudra appliquer des stratégies de gestion claires et coordonnées afin de gérer les éléments de ce bien sériel comme une seule et unique entité. Une planification et une gestion coordonnée de ce bien sériel avec les aires protégées et les corridors forestiers adjacents sont également requises et, pour cela, il faudra obtenir des ressources financières et humaines additionnelles. Il existe une possibilité d'extension du bien pour inclure des aires protégées et des corridors forestiers adjacents dès que ces éléments rempliront les conditions d'intégrité.

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