Rova Ilafy

Geyser

Patrimoine Culturel Immatériel

Coup d’œil sur le Patrimoine Immatériel

On entend par "Patrimoine Culturel Immatériel": les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire ainsi que les instruments, objets et espaces culturels qui leur sont associés que les communautés, les groupes, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.

Ce patrimoine culturel Immatériel transmis de génération en génération est recréée en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur interaction avec la nature et de leur histoire et leur procure un sentiment d'identité et de continuité contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine.

Traditions et expressions Orale :

Ce volet de la nature Malgache constitue un des moyens traditionnels d'éducation morale. Les grandes leçons de la vie sont enseignées, entre autres, par le biais de contes, de proverbes, de kabary . . .

LE FANORONA

Le Fanorona est un jeu de société combinatoire abstrait indigène à Madagascar.

On y joue avec un tableau  de 5 rangs et 9 colonnes   de 2 couleurs (22 de chaque) avec un trou central. On capture une pierre ennemie en s'en approchant ou en s'en éloignant.

A Madagascar, ce jeu est de loin le plus populaire et on y joue dans toutes les régions. La plupart des joueurs n'utilisent pas de tableau à proprement parler mais tracent au sol des lignes à l'aide d'une pierre marquante (craie par exemple) puis utilisent en guise de pions des pierres de deux couleurs différentes ramassées aux alentours. Cela permet de pratiquer le jeu en tout lieu : en brousse, en pleine rue ou dans les stations de taxi-brousse.

Plusieurs hypothèses circulent encore sur son origine et son arrivée dans l'île. Il est parfois attribué aux premiers habitants de l'île (sous le nom de « Fandrao maty paika », littéralement « craignons d'être bloqués », puis sous le nom de "Soratr'Andriamanitra", « l'écriture de Dieu »), ou bien attribué à l'imagination fertile du prince Andriantompokoindrindra (dans les années 1600).

Cependant, la similitude du diagramme du fanorona, avec celui du jeu de l'Alquerque (jeu maure du 13ème siècle après JC), tendrait à rendre plus probable l'hypothèse d'un jeu apporté par les marchands arabes sur l'île, puis transformé par ses habitants.

Le diagramme du fanorona est en effet la juxtaposition de 2 diagrammes de l'Alquerque.

Plusieurs diagrammes taillés à même le roc ont été retrouvés dans la région d'Antananarivo, notamment celui d'Alasora, l'un des plus anciens (entre 1500 et 1600).

Très présent dans la vie malgache, le fanorona est à la base de certains proverbes, comme par exemple « la causerie fait perdre le temps, le fanorona fait oublier le devoir » et est aussi le support de nombreuses légendes.

On raconte qu'un « fady » (le fady est un tabou, un interdit qui touche l'alimentation et le mode de vie malgache) avait même été élaboré pour interdire aux travailleurs des champs de jouer pendant la saison des pluies.

Auparavant très pratiqué dans les classes aristocratiques de l'île, le fanorona a souvent été une préparation (selon les légendes) des épisodes guerriers et de conquête qui ont jalonné l'histoire de l'île.

Comme pour le jeu de go en Asie, le fanorona a été un jeu d'initiation à la stratégie de guerre, mais a surtout été un moyen de divination ou d'augure : le vainqueur d'une partie saurait exercer le pouvoir ou réussira dans sa future entreprise, le vaincu obtenant par la même un présage d'échec.

Règle du jeu (cliquez ici)

  Les arts du Spectacle : Ils visent à : - Sauvegarder l'heritage culturel Malgache. - Valoriser l'identité et la diverstié culturelles - Attirer la clientèle touristique exemple : danses et musiques traditionnelles Malgaches LE HIRA GASY

S'il est un spectacle à ne pas manquer sur les Hautes plateaux, c'est bien le "Hira Gasy", un genre unique à Madagascar. Mi-théâtre mi-opéra, opéra paysan, le "Hira Gasy" qui veut littéralement dire "Chant Malgache" est une forme d'expression artistique très populaire, complète qui mêle l'art du discours, de la danse et du chant.

Plus qu'un simple divertissement, cette tradition originale occupe une place de choix dans le patrimoine culturel de la Grande Ile, notamment dans l'Imerina où souvent, lors des fêtes et cérémonies familiales ou communautaires (naissance, mariage, exhumation ...) ou officielles (fêtes nationales ...), au moins une troupe est conviée à assurer une partie de l'animation. Le plus souvent 2 troupes jouent alternativement leurs parties au cours d'un même spectacle et s'affrontent pour la poésie du verbe, la philosophie de leurs sentences, la mélodie des voix, la grâce des gestes, l'élégance des costumes. Le Hira gasy doit une part de son succès aux costumes d'apparat des artistes : redingotes rouges et grands canotiers pour les hommes, longues robes et ombrelles pour les femmes. A l'origine, les comédiens du hira gasy jouaient en malabary (longues chemises) et robes blanches, mais au contact de la cour ils ont cherché à se vêtir comme les dignitaires.

Seul juge, le public - paysans, chômeurs, ouvriers, poètes... assis en cercle autour de la scène - départage les troupes à l'applaudimètre ou par les pièces de monnaie. L'ambiance est chaude, pendant les derniers actes, après plusieurs heures de spectacle. Ces spectacles — souvent tenus dans un théâtre populaire, au "kianja", stade, marché..., d'une grande beauté — peuvent durer des journées entières.

Le "Hira Gasy" a comme fonction sociale de perpétuer les traditions des Hauts-Plateaux. Ce théâtre rural trouve son origine dans la structuration du royaume merina par Andrianampoinimerina. Il convoquait alors à sa cour les meilleurs danseurs, chanteurs et acrobates de chaque village, à tour de rôle. Cet honneur a généré une grande émulation autour de figures imposées, devenues au fil du temps des rituels immuables.

Les chants hira gasy ont joué un rôle de communication entre la reine Ranavalona et ses sujets, au XIXème siècle. Les artistes convoqués par la reine étaient chargés de transmettre la parole du palais dans les villages. Inversement, la souveraine prenait le pouls de son peuple en écoutant les chants venus de la campagne. Les paroles mises en scène par ces artistes-paysans expriment les peines et les joies, l'espoir et le désespoir d'un monde pauvre qui n'a d'autres voix pour se faire entendre. Avec bien sûr mille précautions oratoires. Ce sont des chansons traditionnelles basées sur la morale, reprenant des proverbes, accompagnées d'instruments à vent et d'une sorte de tambour, l'Aponga qui donne la cadence. Les mpihira gasy — comédiens du hira gasy —, impertinents troubadours, puisent largement dans la tradition malgache du hain-teny : le Kabary, le palabre, la poésie pour bâtir leurs textes qui contiennent toujours un message. Véritable art poétique, le hain-teny joue avec les mots, les métaphores et les paraboles pour exprimer les sentiments de l'amour ou du malheur, les revendications et les critiques...

La structure d'un spectacle de hira gasy est très précise, construite sur le mode des kabary royaux de l'ancien temps. Il se compose généralement de 3 parties équivalentes, correspondant à 3 thèmes choisis par la troupe. Chacune d'entre elles débute invariablement par l'entrée des hommes, en musique. Ils mettent le public en haleine avant l'entrée des femmes. Les idées sont présentées et appuyées par le Kabary, prononcé au début de chaque représentation par le doyen de la troupe. Véritable spectacle à lui seul, ce discours donne l'occasion de saluer les ancêtres, de remercier le public, d'exposer le thème et de chercher d'emblée à faire la différence avec les rivaux. Puis le thème est longuement décliné, en chants et en apostrophes plus ou moins improvisés. Viennent alors les danses, individuelles, en couple ou collectives, puis le divertissement final, où les plus jeunes sont invitées à montrer leurs talents d'acrobates.

Pendant l'hiver, ces spectacles moralisateur à la fois déclamé, chanté et dansé, abondent, car le temps étant frais et sec. Le "Hira Gasy" ne nécessite pas d'installation particulière et peut se jouer sur n'importe quel terrain vague. Il suffit d'un espace suffisamment important et une scène naturelle se crée, aussitôt investie par les chanteurs et danseurs aux costumes colorés. Né sur les Hauts Plateaux, il est néanmoins également très apprécié dans les provinces, au vu des foules que ces spectacles en plein air déplacent. Et partout, les spectateurs fascinés savourent, encouragent, crient leur approbation.

Selon la tradition, il semblerait d'ailleurs que le Hira Gasy trouve ses origines dans les concours amicaux de danses et de chants du XVIème siècle. Sortes de ménestrels malgaches, les troupes de hira gasy se sont adaptées à l'évolution de la vie sociale, économique et culturelle du pays, conservant et enrichissant leur art au fur et à mesure de leurs tournées sur les Hauts Plateaux. Parent pauvre des expressions artistiques traditionnelles aux XIXème sicèle, le hira gasy a retrouvé sa valeur comme référence culturelle vers les années 70, lorsque les Malgaches ont entrepris ce qu'on appelait alors le "retour aux sources" culturel. Aujourd'hui malheureusement, faute de moyens, le Hira Gasy tend à disparaître, portant du même coup atteinte au patrimoine culturel malgache. Les troupes professionnelles d'Hira Gasy, se produisent plus comme ils faisaient auparavant chaque dimanche après-midi au "Tranom-pokonolona" dans le quartier d'Isotry (Antananarivo)...

 Pratiques sociales, Rituels et évènements festifs :

Ils assurent la solidarité et la cohésion sociale, le respect de la hiérarchie.

On le trouve dans les "Valin-tànana", dans le "Fitampoha" pour ne citer que quelques-uns.

Connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers :

Les "Ntaolo" Malgaches se distinguent par leur esprit observateur. Tout autour d'eux dégage quelque enseignement et ils en tirent également profit pour s'éduquer et employer les forces bienfaitrices de la nature. Exemple: "mason-tsokina, ka ny kely ananana no ahiratra" (pour encourager à faire valoir et à utiliser le peu dont on dispose comme le hérisson qui sait utiliser ses petits yeux).

Le KABARY (teny gasy)

Le « kabary »  est un mode de transmission de messages. C’est un discours prononcé  à voix portante et distincte devant un public nombreux. Il est souvent agrémenté de proverbes, maximes et dictons divers, destinés à émerveiller l’auditoire. Selon cette définition, il sert à conserver la langue, les us et coutumes. Pour nos aïeux, le « kabary » est aussi un moyen d'éducation.

Le Kabary est prononcé lors des événements importants de la vie : mariage, naissance, mort, nouvel an, fête familiale, festivités diverses,…Il permet ainsi de sauvegarder l’idiome et les termes spécifiquement malgaches, surtout ceux inusités au quotidien, tels que les proverbes et les maximes.

Il est utilisé pour expliquer, pour persuader et pour condenser des idées. Pour permettre leur mémorisation, le mpikabary (orateur) fait appel à des expressions ou citations qui ne se confondent pas avec le langage commun mais restent toutefois assez accessibles. La qualité d'un discours se juge par la pertinence et la quantité des expressions choisies par l'orateur et c'est généralement au cours du rituel de purification, le fialan-tsiny, qu'il doit faire preuve de son habileté. Il doit se montrer à la fois enjoué, ironique et plein d'humour afin d'emporter l'adhésion de son auditoire.

LA CULTURE ZAFIMANIRY

Établie dans une zone montagneuse de 700 km2 située dans la province de Fianarantsoa, dans le sud-est de Madagascar, la communauté des Zafimaniry est la dernière dépositaire d’une culture originale de travail du bois, jadis répandue dans toute l’île. Les Zafimaniry se sont installés au XVIIIe siècle dans cette région boisée et reculée pour échapper aux guerres intestines entre royautés. La forêt leur offrait alors sécurité et moyens de subsistance. Aujourd’hui, quelque 25 000 Zafimaniry habitent dans une centaine de villages et hameaux éparpillés sur les sommets brumeux de la région. Forestiers, charpentiers et artisans depuis des générations, les Zafimaniry ont développé autour du bois tout un ensemble de techniques et de connaissances pratiques. Cette tradition artisanale complexe témoigne du rôle primordial de ce matériau vénéré dans tous les aspects de la vie et de la mort. Leur maîtrise de l’exploitation forestière et de la sculpture sur bois transparaît dans les constructions et les objets quotidiens. Pratiquement toutes les surfaces boisées (murs, fenêtres, poteaux, poutres, tabourets, coffres, outils) sont richement travaillées. Les Zafimaniry utilisent vingt espèces endémiques différentes, chacune étant réservée à un type de construction ou à une fonction décorative spécifique. Les maisons et les cercueils sont assemblés exclusivement selon la technique traditionnelle de la mortaise et du tenon, sans le moindre clou, la moindre charnière ou autre pièce métallique. Les greniers traditionnels, perchés sur des piliers ronds, sont une particularité du paysage de montagne. Les magnifiques motifs géométriques qui décorent la plupart des objets en bois sont extrêmement codifiés et trahissent non seulement les origines indonésiennes de la communauté, mais aussi les influences arabes qui imprègnent la culture malgache.

 
  Les Collections Ethnographiques Malagasy  
Matériel pour jeune mariéFitaovan'ny mpivady vao (Ambalavao) Récipient en Potiron pour conserver le rizVoatavo fitehirizam-bary (Ambalavao) Habille pour pêcheurAkanjoben'ny mpanjono (Farafangana) Châpeau en refandroSatroka vita amin'ny refandro (Vangaindrano)
 

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